Vercors
Fragment 1 d'un rendez-vous intime
Vercors, tu étais pour moi un mythe, une mémoire sanglante, un Silence de la Mer, une échappée de Bashung, le maquis avant tout, la forteresse imprenable et martyre. Ton courage, ta jeunesse flamboyante, l'espoir et la liberté chevillés au corps.
Je t'espérais. Depuis longtemps.
À l'heure du premier rendez-vous, lorsque tes falaises ont émergé de la plaine, mon cœur s'est serré au souvenir des leçons apprises, des livres lus. Été 44. Ton été de feu. Une solennité m'a étreinte, un recueillement intime. Ce ressenti ne m'a pas quittée.
Il y a eu ta porte : Pont-en-Royans. Une de ces portes écaillées, à la serrure rouillée, revêche. Le vieux troquet du coin ne se déguisait pas. Ne se pavanait pas devant les rares touristes. La boulangerie ne payait pas de mine. Mais la vendeuse a eu un beau sourire franc. Je lui ai acheté la meilleure brioche de ma vie... J’étais en émoi dès les premiers instants. Et je me suis dit…
Toi, Vercors, tu caches ta beauté à qui ne sait pas voir ! Je suis venue au rendez-vous et je t'aime déjà.



Le Vercors. J'ai tellement aimé m'y perdre, au sens figuré, sans aucun doute, mais au sens propre aussi.
Le Vercors ne fait pas dans le tape-à-l’œil. Il pratique la beauté à voix basse. Ceux qui cherchent un décor passent peut-être à côté. Ceux qui savent écouter repartent avec un morceau d’âme en plus. C’est du pur wontonbien géographique. 😜